Vigile agressé à la Défense: «Derrière chaque acte d’insécurité, il y a une victime oubliée par l’État»
Un vigile du centre commercial «Westfield Les 4 Temps» de La Défense, à Paris, a été sauvagement agressé mercredi 23 mars dans la soirée. Le responsable de sécurité serait dans le coma.
Malheureusement, cette agression n’est pas un acte isolé. Selon l’enquête annuelle de victimation de l’INSEE de 2018, 1.101.000 Français ont déclaré avoir subi des violences physiques ou sexuelles. Soit 1,5% des Français, chaque année.
Presque toutes les infractions sont en hausse : des méfaits les moins violents comme les cambriolages qui ont augmenté de 37% entre 2008 et 2019, aux violences les plus graves comme le taux d’homicidité qui a plus que doublé depuis 2008, selon les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur.
Cette évolution de la violence peut également être mise en perspective avec le niveau intrinsèquement élevé de la violence en France, par rapport aux autres pays européens. Une violence déclarée bien plus élevée que nos voisins, le taux d’homicide par habitant le plus élevé d’Europe de l’Ouest, autant d’indicateurs peu flatteurs et qui gonflent logiquement le nombre de victimes en France.
Autant d’agressions et de violences de toutes sortes sont autant de victimes. Chaque année en France, au moins un million de personnes connaissent donc un parcours similaire : le parcours semé d’épreuves et d’embûches d’une victime.
En effet, bien souvent, l’agression ou l’acte de violence subi par la victime n’est que le début d’un enchaînement, plus ou moins rapide d’ailleurs, de rencontres traumatisantes avec l’institution judiciaire.
Victime d’abord d’une agression, puis victime d’un second traumatisme au contact de l’institution judiciaire qui ne se montre que très peu sous un visage humain.
Comme l’a dit, dans FigaroVox, le journaliste Judikael Hirel, laissé pour mort dans le métro en 2017, ce que vivent les victimes après leur agression est un véritable «parcours du combattant». On peut aller même plus loin : chaque victime est en réalité une double victime. Victime d’abord d’une agression, puis victime d’un second traumatisme au contact de l’institution judiciaire qui ne se montre que très peu sous un visage humain.
La première étape est souvent le dépôt de plainte au commissariat. Là, les victimes sont souvent livrées à elles-mêmes, alors que les accusés eux ont droit à un avocat dès le début de la procédure. Ne pourrait-on pas imaginer une présence permanente d’un avocat de garde dans les commissariats pour assister les victimes lors des dépôts de plainte ?
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